mercredi 26 octobre 2016

Petite visite d'une plantation


Oui... Petite la visite, mais costaude !

D'abord, il y a eu les 94 miles, soit 151 km pour y aller !

Mais ça, ça allait pour Yves avec son nouveau joujou de 2/3 tonnes !

Ce qui était bien pour ce tour dans une ancienne plantation de canne à sucre, c'était que la visite guidée était assurée par une guide belge qui parlait donc (presque) français ;-D

Très vite, nous avons pu comprendre avec émotion les dures conditions, inhumaines, dans lesquelles ont vécu les esclaves noirs apportés de force depuis l'Afrique en des temps peu glorieux.

La plantation que nous avons vue s'appelle la plantation Whitney, mais a appartenu jadis à une famille aujourd'hui éteinte. Une famille allemande, les Haydel.

Une grande partie du travail de recherche historique sur les esclaves est le fait d'une certaine Gwendolyn Midlo Hall, qui a recensé le nom de quelques 107 000 esclaves entre 1719 et 1820.









La première chose que nous avons visitée sur cette plantation est l'église "Antioch Baptist Church" qui a été transportée depuis un peu plus loin en Louisiane pour être montrée dans ce lieu. On pourrait se dire que c'est un peu commun, une église baptiste dans ce sud des USA, mais la particularité de celle-ci est qu'elle fut la première, et longtemps la seule, bâtie par les anciens esclaves sur un lopin de terre qu'ils avaient acheté en 1870. L'association qu'ils avaient monté pour l'achat du terrain et la construction était "Anti-Yoke Society", c'est-à-dire la société anti-joug (le joug de l'esclavage !) Le jeu de mot était facile mais il fallait y penser. L'église a été renommée plus tard Antioche, du nom de la ville d'Asie Mineure où se trouvait une église fondée par les apôtres Pierre et Paul, là même où les croyants ont été appelés pour la première fois "chrétiens".

La visite s'est poursuivie avec la lecture, forcément partielle, de plaques commémoratives : certaines donnaient simplement les noms des 107 000 esclaves recensés par l'historienne mentionnée ci-dessus, tout en précisant bien qu'il y en a eu beaucoup plus.
L'exemple de "Pauline" née vers 1809, est marquant et montre que les Noirs étaient considérés seulement comme du bétail, des outils de production, que les "maîtres" faisaient se reproduire pour en avoir encore plus dans les poches : "Ma Maman a eu 15 enfants et aucun d'entre eux n'a eu le même père. A chaque fois, elle était vendue et avait un autre homme. Ma maman a eu un garçon de son maître, qui était l'enfant du frère de ma maîtresse. Vous voyez, à chaque fois qu'elle était vendue, elle devait prendre un autre homme. Elle a eu 15 enfants avant d'être vendue pour la dernière fois."

Des cabines d'esclaves. Deux "unités familiales" par cabine. Pas des familles au sens "Papa, Maman, enfants", mais ça pouvait être des esclaves qui s'associaient pour vivre sous le même toit.


Les chaudrons, de 4 tailles différentes, servaient à faire cuire la canne à sucre pour en extraire tout le jus. Puis, on y introduisait un petit peu de sucre déjà cristallisé et par réaction chimique, tout cristallisait. Il y avait aussi un reste qui ne cristallisait pas et que l'on appelle la mélasse.

Témoignage de Mary Reynolds : Le maître employait des "nègres". Une fois, il m'a employée, moi et un petit garçon Noir, Turner, pour travailler pour un méchant blanc qui s'appelait Kidd. Un jour, Turner part et ne revient pas. Le vieil homme Kidd dit que je le savais, et il a attaché mes poignets ensemble et m'a déshabillée. Il m'a pendue par les poignets à une branche d'arbre et a attaché mes jambes autour du tronc et m'a attaché les pieds ensemble. Puis il m'a battue. Il m'a battue pire que jamais avant je n'avais été battue. Et je me suis évanouie comme morte. Quand je suis revenue à moi, j'étais au lit. Je m'en fichais bien pas mal s'il m'avait tuée. Mary Reynolds, esclave de Louisiane.

Notre guide nous a montré quelques noms et l'histoire particulière des ces pauvres gens : certains ont tenté de se rebeller mais...










Ces statues d'enfants représentent les personnes qui ont témoigné, en tant qu'anciens esclaves, au moment où le président Roosevelt a demandé dans les années 1930 de procéder à une grande opération nationale d'écriture des souvenirs de l'esclavage, avant que les dernières personnes qui avaient été esclaves ne disparaissent. Ce sont des personnes qui avaient entre 80 et jusqu'à 100 ans, mais qui avaient été des enfants esclaves.

Les statues se trouvent dans l'église baptiste transportée sur le lieu de la plantation.







De quoi faire réfléchir, tout ça... Pas très fier, pour le coup...

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